2011 – morningMist, 1er show solo de Benjamin Graindorge au Studio YMER&MALTA

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  • septembre 26, 2011
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Valérie Maltaverne, fondatrice d’YMER&MALTA a invité Benjamin Graindorge à donner libre cours à son imagination et à exprimer formellement toutes les nuances poétiques de son univers créatif.

MorningMist est la première exposition personnelle du designer français Benjamin Graindorge.
Influencé par l’esthétique japonaise et la philosophie du Zen, MorningMist est une réflexion sur le thème de la forme et de la lumière, un matériau émotionnel. Les pièces  mettent en lumière une stylistique propre au designer. Une constance dans la recherche formelle et l’exigence de l’émotion que l’on peut aisément qualifier de « signature ».

« J’ai le sentiment que ma réflexion se nourrit toujours de la contemplation d’une image, de ses détails et de ses finesses. Je passe beaucoup de temps à regarder, observer et attendre l’événement infime qui fera sens à mes yeux. Puis j’assemble mes intuitions et mes observations. Et enfin je dessine. Chacune de mes approches me semble fragile. Au départ, elles ne peuvent pas encore souffrir l’interrogation. Puis elles se construisent et se renforcent les unes les autres pour enfin aboutir à un projet en finition. Mon approche de la création se construit sur cet assemblage. Je ne crée pas, j’assemble. »

Suivant le « modus operandi » caractéristique d’YMER&MALTA, Valérie Maltaverne a confié chacune des pièces de l’exposition aux mains expertes d’un maitre artisan français. Pour chaque pièce il a fallu relever des défis techniques, maintenir le niveau d’excellence sans trahir l’intention du designer. Challenge relevé avec brio et recompensé par l’entrée de plusieurs pièces de la collection dans les collections publique aussi prestigieuses que celle du Musée des Arts Decoratifs ou le CNAP.

 

Extrait de la préface d’Olivier Gabet, directeur des Musées des Arts Décoratifs de Paris au catalogue morningMist de Benjamin Graindorge – 2013 – édition YMER&MALTA 

« Depuis 2007, Benjamin Graindorge a pris le risque de signer de son nom. En moins de temps que l’âge de raison, il a su déjà réunir un véritable corpus en un continuum subtil et intelligent où s’esquisse l’art des variations sur de mêmes thèmes, donnant à l’ensemble densité et maturité –  ce qu’on appelle en effet une signature.

Certes, lignes, matériaux, formes flirtent avec le végétal, le minéral, l’animal, mais Benjamin Graindorge sait éviter toujours le cliché : il a très tôt dépassé la source pour être lui-même.  Jamais littéral, quand un nuage de billes de verre s’éclaire comme le soleil viendrait percer la brume du matin sur un paysage de campagne, sa lampe MorningMist (2011), œuvre d’une poésie insensée. Jamais réduit au bien-pensant écologique, quand un banc à l’épure stricte de chêne et de verre s’achève en branche d’arbre, son Fallen Tree devenu iconique (2011). C’est aussi ce qui fait la grâce de son travail : Benjamin Graindorge nous épargne tout discours pesant, toute exégèse conceptuelle. Il livre plutôt ses objets comme en apesanteur, il les donne à voir et à toucher dans une forme d’immédiateté, intuitive et sensuelle. Serait-ce l’idée d’un design atmosphérique, dessinant un paysage aérien, celui des étagères StillQuietPlane ou le luminaire AsphericalSkylight ? Sans doute, mais ce n’est cependant pas que cela : Graindorge sait s’arrimer aussi dans une réalité matérielle, celle du marbre et du cuir. Ce sont les paysages minéraux de ses plateaux en marbre de Carrare, qu’il soit transparent et veiné, ou noir et poli, des SweetHorizon, dunes stratifiées et striées, presque mouvantes, comme si un simple souffle suffisait à onduler la pierre la plus noble. Ce travail du marbre en paysage subtil apparaît comme la matrice de deux meubles ambitieux illustrés dans ce livre, clous de l’exposition « À fleur de peau » en 2012 : une assise et une table, où le bois soulignant l’épure graphique devient le prétexte à des compositions de cuir, amovibles et variables, composant et recomposant un paysage à l’infini horizontal.

On se plaît à trouver ici et là des échos, voulus ou inconscients : Edward Godwin, le Victorien génial qui a su instiller la poésie et le rêve dans ses meubles au graphisme radical et élégant, un certain japonisme cérébral qui a séduit l’Angleterre des années 1870 ; Frank Lloyd Wright, qui a eu l’audace d’insérer constructions et objets dans l’environnement végétal et minéral ; les Greene and Greene qui ont joué de la Nature et du primitivisme américain pour offrir à la Californie des années 1900-1910 son premier Âge d’or. Avec eux, Graindorge serait sûrement en bonne compagnie. À sa manière, il saura en continuer les rêves. »